#161 Issy-les-Moulineaux : 30 ans d'innovation numérique et durable

February 25, 2026 00:50:06
#161 Issy-les-Moulineaux : 30 ans d'innovation numérique et durable
Smart in the City – The BABLE Podcast
#161 Issy-les-Moulineaux : 30 ans d'innovation numérique et durable

Feb 25 2026 | 00:50:06

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Hosted By

Tamlyn Shimizu

Show Notes

Dans cet épisode de Smart in the City, nous nous rendons en région parisienne pour échanger avec Eric Legale, directeur général d'Issy Média. Depuis plus de trois décennies, Issy-les-Moulineaux se positionne à l'avant-garde de la transformation urbaine, ayant lancé son premier site web municipal en 1996 et s'adaptant continuellement aux nouvelles vagues numériques.

Nous explorons dans cet entretien comment la ville crée de la valeur concrète pour ses habitants à travers deux initiatives majeures. Nous discutons également du lancement d'IssyGPT, une IA générative souveraine conçue pour aider les citoyens dans leurs démarches administratives tout en garantissant la confidentialité des données. Notre invité détaille également le « Budget Climat » de la ville, une stratégie inspirée des modèles nordiques qui suit les émissions de carbone avec la même minutie que les dépenses financières, menant à une réduction de 37 % des gaz à effet de serre depuis 2005.

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Episode Transcript

[00:00:06] Speaker A: Bienvenue à Smart in the City, le podcast de Babel où nous réunissons les meilleurs acteurs dans l'arène de la ville intelligente, dévoilant des dialogues et des interactions autour des acteurs et des thèmes les plus prévalents pour les citoyens d'aujourd'hui et les générations d'aujourd'hui. Je suis votre hôte, Tamlin Shimizu, et j'espère que vous allez apprécier cet épisode et gagner de la connaissance et des connexions pour accélérer le changement pour une vie urbaine meilleure. Smart in the City est apporté à vous par Babbel Smart Cities. Nous permettons des processus, de la recherche et du développement stratégique à la co-création et l'implémentation. Pour en savoir plus, visitez la plateforme Babbel à babbel-smartcities.eu. Cette épisode est une partie de notre série multilingue, hostée dans une variété de langues par des experts de l'équipe de Babel Smart Cities, qui sont fluents dans la langue de l'épisode. Nous voulons accueillir les gens à travers les différentes régions, alors ne soyez pas surpris quand vous voyez différentes langues apparaître. Sans plus tarder, je donne le micro au host du jour. [00:01:05] Speaker B: Bonjour et bienvenue dans ce deuxième épisode de notre série en partenariat avec Major Cities of Europe, série d'épisodes qui visent à partager des mesures concrètes et reproductibles prises par les villes pour mieux orienter leur stratégie d'innovation urbaine à l'ère de l'intelligence artificielle et de la transition climatique. C'est donc dans ce contexte que nous accueillons aujourd'hui Éric Le Gall, directeur général d'ICI Média, une société publique locale chargée de la communication et de l'innovation de la ville d'ICI les Moulineaux, en région parisienne. Bienvenue dans le podcast, Éric. [00:01:39] Speaker C: Merci, bonjour. [00:01:40] Speaker B: Bonjour. C'est la tradition dans le podcast de commencer d'abord par une sorte de mise en jambe, une question pour briser la glace en quelque sorte et pour donner également un aperçu de la ville d'Issi-les-Moulineaux à nos auditeurs, pour ceux qui ne la connaissent pas, avant d'entrer un peu plus dans le vif du sujet. Et donc aujourd'hui, pour cette question brise-glace, si vous deviez décrire Issi-les-Moulineaux en utilisant uniquement trois mots, quels mots vous choisiriez et pourquoi? [00:02:11] Speaker C: Bonne question. Moi, je choisirais innovante, évidemment, parce que c'est une ville qui a fait de l'innovation le moteur de son développement depuis très longtemps. Je dirais familiale, parce que c'est une ville qui compte d'abord beaucoup de familles et qui a à la disposition de ses familles de nombreux services publics plutôt reconnus et appréciés. Et ensuite, je dirais respectueuse. Respectueuse évidemment de ses habitants, mais respectueuse des différences de religion, de son histoire, des différences qu'on peut avoir aussi avec d'autres collectivités. Et ça fait partie de l'ADN de cette ville. [00:02:51] Speaker B: Parfait, merci beaucoup. Et donc maintenant qu'on en sait juste un tout petit peu plus sur ici les Moulineaux, on va maintenant rentrer un peu plus dans le vif du sujet. Mais avant cela, j'aimerais que vous nous en disiez un petit peu plus sur vous, si vous deviez résumer rapidement votre parcours et ce qui vous a amené à votre poste aujourd'hui. [00:03:12] Speaker C: Alors moi, je travaille à la mairie d'Issi-Moulineaux depuis 35 ans. J'ai occupé différentes fonctions. J'ai commencé en rédigeant des discours et des courriers. Je me suis occupé du développement économique. Je me suis occupé très tôt de la transition numérique dans laquelle on s'est inscrit il y a maintenant une trentaine d'années. Et je suis en charge de la communication au sens large du terme depuis 28 ans exactement. au sein d'une entreprise publique qui s'appelle ICIMedia, qui est une organisation un peu particulière dans le paysage des collectivités françaises, mais qui permet de donner plus d'agilité à la fois à nos actions et à nos travaux en fait. Je vais prendre un exemple très concret. Si on parle d'innovation, c'est plus facile lorsqu'on est une entreprise publique de travailler dans le mode expérimentation avec des startups, plutôt que si on était un service municipal qui nécessiterait davantage d'autorisation, de respect, de cahiers des charges, d'appels d'offres, de tout ce qu'on peut tourner autour de tout cela. Là, on est beaucoup plus libre et ça permet évidemment d'être plus agile et donc plus efficace. [00:04:27] Speaker B: Merci beaucoup. Vous avez donc plusieurs casquettes en fait. [00:04:32] Speaker C: Oui, absolument. Absolument, parce qu'en fait, on va dire que mon cœur de métier, c'était l'innovation numérique. Et le maire, André Santini, a considéré, lorsque mon prédécesseur à la tête des immédiats a cité ses fonctions, il a considéré que l'innovation numérique, après tout, on parlait de technologie, de l'information et de la communication. Donc il a dit que ça avait du sens, que je m'occupe aussi de communication. Et ça avait d'autant plus de sens que pour nous, l'innovation numérique, c'est aussi un facteur d'attractivité extrêmement important pour le territoire, pour attirer notamment des employés du secteur, mais aussi de nouveaux habitants, je n'ose pas dire des geeks, mais un peu des gens en tout cas bien connectés. Et donc, ça avait du sens évidemment que tous ces sujets d'innovation soient extrêmement liés à la communication. [00:05:18] Speaker B: Et c'est dans ce contexte que l'initiative ICI-GPT a été lancée? [00:05:23] Speaker C: Oui, parce qu'en fait, ICI-GPT, c'est la dernière vague de l'innovation numérique. Cette révolution qu'on connaît maintenant, encore une fois, depuis une trentaine d'années. Il ne faut pas oublier que Cette année d'ailleurs, en 2026, nous célébrerons le 30e anniversaire du site internet de la vie, donc ICI.com. C'était le premier site web municipal à l'époque. Il est né même avant le site web de ce qu'ils appelaient à l'heure France Telecom. C'est pour dire qu'on était vraiment en anticipation et que depuis cette période-là, nous n'avons jamais cessé d'innover. et plutôt, nous n'avons jamais cessé d'accompagner les différentes vagues de la révolution numérique pour composer de nouveaux services, pour accompagner la population. En fait, on avait trois objectifs lorsqu'on s'est lancé dans cette aventure il y a maintenant plus de 30 ans. C'était donc un, renforcer l'attractivité du territoire, comme je l'ai dit, donc faire venir davantage d'entreprises, davantage d'emplois, davantage d'habitants. Et c'était de moderniser évidemment l'administration locale, de faire en sorte que les démarches administratives deviennent plus faciles, que ce soit moins de contraintes en fait pour la population que de communiquer ou contacter la mairie. Et puis, ça c'est un troisième objectif qui était un peu plus large mais qui était quand même important pour nous, c'était d'accompagner la population dans l'appropriation de ces nouvelles technologies, c'est-à-dire d'essayer d'anticiper aussi les tendances qu'on pouvait ressentir, de les mettre très tôt à disposition du public, soit en expérimentant, soit en sensibilisant, de façon à ce que la population soit peut-être prête avant les autres à affronter le monde de demain avec ces technologies-là. [00:07:10] Speaker B: Donc du coup, ICIS-GPT, c'est un assistant virtuel à destination des citoyens et qu'ils peuvent utiliser comme interface de communication. [00:07:20] Speaker C: C'est ça. En fait, ICIS-GPT, c'est L'intelligence artificielle générative, telle qu'on la connaît depuis Shared-GBT, c'est pour nous un phénomène aussi important que l'arrivée du web par rapport à l'Internet. Vous savez qu'Internet existe depuis beaucoup plus longtemps que le web, mais que c'est le web qui a démocratisé l'accès à Internet. Pour nous, c'est pareil. L'intelligence artificielle générative, c'est ce qui a démocratisé l'accès à l'intelligence artificielle et qui permet donc à chacun d'entre nous de pouvoir utiliser cette IA, soit effectivement en posant des questions, ce qui est le cas avec la CGPT, je pose une question à la mairie, qui évidemment a un lien avec la ville, et j'obtiens une réponse, ou pas, parce qu'on peut ne pas avoir de réponse à une question, mais au moins on le dit, contrairement à certaines autres agences artificielles, et ça fonctionne assez bien puisqu'aujourd'hui, on l'a lancé maintenant il y a un peu plus de deux ans, c'était en décembre 2023, Et on a enregistré maintenant, on en est à 80 000 questions, enfin, conversations, donc questions-réponses de la pente publique. [00:08:22] Speaker B: Oui, ça fonctionne bien. Et comment est-ce que peut-être derrière l'interface, dans les rouages de son fonctionnement, comment est-ce qu'on garantit la fiabilité des informations qui sont données, l'accessibilité également et la cohérence avec les services municipaux? Comment est-ce que ça a été mis en place si jamais on rentrait un petit peu plus dans le côté technique? [00:08:49] Speaker C: Oui, alors on a d'abord consulté beaucoup d'entreprises qui proposent des solutions d'intelligence artificielle. On leur a soumis un espèce de questionnaire type pour voir quel type de réponses ils étaient capables d'apporter. Puis évidemment, on a choisi en fonction du prix, mais aussi en fonction de certains critères qui sont Est-ce que c'est plus open source ou propriétaire? Est-ce que c'est plus français qu'américain, pour faire simple? Donc on a choisi une entreprise qui est de Toulouse, de la région de Toulouse, qui s'appelle Prism.ai, qui travaille sur des plateformes open source. qui a des solutions souveraines et qui, en fait, a conçu cette intelligence artificielle en prenant des briques quand même d'OpenAI, par exemple, donc il y a bien des briques de Charles de Petit qui sont dedans, mais ce ne sont que des briques et pas Charles de Petit en tant que tel. Et puis, la deuxième condition, c'était de dire, pour qu'il évite, un, d'halluciner, deux, de répondre sur des questions qui n'avaient rien à voir avec GCMO, en fait, on a décidé de l'enfermer, en quelque sorte, sur nos propres serveurs. Donc, en fait, Il n'a accès qu'à nos informations, donc elles sont publiques parce que c'est nous qui les contrôlons, elles sont sur nos serveurs et il ne répond qu'à des questions liées à ICI Moulinot. Pour ça je disais qu'il pouvait aussi dire je ne sais pas répondre à cette question parce que si ce n'est pas lié à ICI Moulinot ou simplement si l'information n'existe pas publiquement, par exemple si vous lui demandez la date de la prochaine, du prochain marathon à Icingville, qui s'appelle la Coréenne de Noël, qui a lieu au mois de décembre tous les ans. C'est sûr que la date de décembre 2026, elle n'est pas encore publique. Donc, il va vous dire. Je ne sais pas. Mais au moins, ce qui est important, c'est ça, c'est qu'il ne va pas halluciner. Il va répondre n'importe quoi. [00:10:30] Speaker B: C'est vrai que c'est ce qui est quand même une différence, en tout cas avec les débuts de chat GPT, et ça doit quand même jouer dans le fait de rassurer aussi les utilisateurs quand ils interagissent avec cette interface. Parce que si on voulait jouer l'avocat du diable, en tout cas, de nos jours, il y a quand même une bonne partie de la population qui a beaucoup de méfiance à l'égard de tout ce qui est intelligence artificielle. Donc j'imagine que ça doit aider. Et est-ce que vous avez mis en place d'autres garde-fous pour maintenir un certain niveau de confiance par rapport aux citoyens. [00:11:09] Speaker C: On a aussi accompagné le lancement de CGPT par un espèce de cycle de conférences pour sensibiliser la population sur tous les des avantages de l'intelligence artificielle, mais aussi les risques qu'on peut rencontrer, de façon à ce qu'elle puisse résonner d'une manière autonome, évidemment. Donc on a vraiment invité, par exemple, le philosophe Éric Sadin, qui est quand même extrêmement hostile à l'intelligence artificielle, pour que les gens entendent son discours, mais aussi quelqu'un comme Luc Julia, qui est l'un des cofondateurs de Siri, par exemple, pour Apple, et qui est un des spécialistes de l'IA en France, qui lui, au contraire, n'est plus ouvert à ces questions-là. Voilà, l'idée, c'est C'est évidemment à la fois de tout dire ce que représente l'intelligence artificielle, d'y bien rappeler que ce n'est qu'un outil ou un assistant, et contrairement au fantasme, il n'est pas encore prêt pour remplacer l'intelligence humaine, et que les gens évidemment fassent preuve d'esprit critique. Nous, en parallèle de ça, d'ailleurs même au-delà de l'intelligence artificielle, on a aussi mis en place des cycles de de sensibilisation autour de l'information, des fake news et de comment on doit systématiquement remettre en cause une information qu'on reçoit en vérifiant, en s'interrogeant et pas en prenant comme argent comptant ce qui circule par exemple sur les réseaux. Donc on est vraiment très actif en fait pour sensibiliser la population, leur donner les outils pour raisonner. [00:12:36] Speaker B: C'est si important d'être sûr d'accompagner les utilisateurs et de sensibiliser le public à ces questions-là. Je pense que ce sont des superbes initiatives d'aussi activement être dans l'accompagnement et la sensibilisation. [00:12:56] Speaker C: Et puis, il y a un point quand même important aussi que je dois dire, c'est que ICDPT, ce n'est qu'une option. C'est-à-dire que vous pouvez évidemment continuer à téléphoner à la mairie ou à vous rendre d'ailleurs directement, physiquement au guichet pour poser exactement les mêmes questions. Je ne garantis pas que vous aurez les réponses parce que par définition, même un agent municipal à l'accueil, il ne va pas nécessairement avoir réponse à tout alors que ICDPT a plus celui. Mais ça ne reste plus une option et on n'impose évidemment rien du tout. On cherche juste à faire en sorte que les gens qui ont envie d'utiliser l'IA ou qui ont pris l'habitude d'utiliser l'IA pour poser un tas de questions d'ordre personnel ou de tout ce qu'ils veulent, on va pouvoir se trouver aussi dans la relation avec la mairie. [00:13:38] Speaker B: C'est un outil commun, notre finale. [00:13:41] Speaker C: C'est un outil commun, parce que c'est un outil qui est passé depuis la vie. Je parlais tout à l'heure des démarches administratives. Vous savez, moi, je répète souvent, parce que maintenant, j'ai un peu plus d'expérience, que quand même, parce que j'étais jeune, je voyais que je postais mes données de congé pour faire une demande de carte d'identité. Il fallait que je me rende à la mairie. où je ne savais pas s'il y avait du monde ou pas, parce qu'on prenait pas rendez-vous à l'époque, et ça prenait trois semaines, un mois pour avoir ce document. Alors qu'aujourd'hui, déjà avec le numérique, ça a facilité les choses, puisqu'aujourd'hui on peut déjà préparer sa demande en ligne, prendre rendez-vous à la mairie et finalement juste venir pour se faire prendre en photo et prendre ses... ces empruntes digitales, mais avec Easy-to-Get-It, c'est encore mieux parce que vous pouvez lui poser des questions en langage courant pour dire qu'est-ce que je dois faire comme démarche, quels documents je dois apporter, etc. Et il vous répondra, j'allais dire plus humainement, que simplement lire une page sur le site web. Donc pour moi, ça même, ça démocratise et ça popularise l'accès aux démarches administratives. [00:14:42] Speaker B: Parce que c'est plus interactif et plus personnalisé. C'est aussi plus accessible, finalement. [00:14:47] Speaker C: Et puis, ça leur cache courant. Ils parlent normalement. Il n'existe pas des chargons, parfois, qu'on peut utiliser de la toile d'administration. [00:14:54] Speaker B: Qui peut être un peu obscur, oui. [00:14:56] Speaker C: Oui, absolument. [00:14:58] Speaker B: Ici, on élargissait maintenant un petit peu plus à l'autre. On a parlé d'intelligence artificielle, d'outils numériques et vous aviez aussi évoqué que parmi toutes les casquettes que vous avez, une autre est votre engagement au niveau de la ville. Et un autre gros chantier que beaucoup de villes partagent, c'est celui de la transition climatique. Et dans cette transition également, la donnée et le numérique jouent un rôle important. Est-ce que vous pourriez nous en dire un petit peu plus sur les initiatives de la ville d'ici les Moulineaux par rapport, par exemple, à leur baisse des émissions de gaz à effet de serre et si vous pouviez citer deux ou trois actions qui ont le plus pesé dans cet objectif qui, je crois, a été atteint parce que la ville a annoncé une baisse de ses émissions de moins de 16%, je crois, depuis 2020. [00:15:57] Speaker C: Oui, mais on est même à 37% depuis 2005, donc ça baisse bien. D'ailleurs, je rappelle souvent qu'on n'a pas non plus attendu les accords de Paris d'il y a dix ans pour s'engager sur cette voie. Ça ne s'appelait pas transition climatique à l'époque, ça s'appelait simplement des plans municipaux d'engagement. mais en tout cas pour veiller à ce que l'environnement soit toujours une des priorités de la ville. Ce qui est de nouveau, c'est qu'effectivement depuis 2021, on a adopté un budget climat, qui est en fait un budget carbone, c'est-à-dire qu'on ne parle pas d'argent, on parle uniquement d'émissions de CO2. Et pourquoi on a fait cela? C'est parce qu'on s'est inspiré de ce qui se fait en Norvège d'ailleurs depuis plusieurs années maintenant. Mais comme vous le savez, les scandinaves sont des gens très pragmatiques, qui sont partis du constat que les accords de Paris fixaient des objectifs avant 3050. mais que l'être humain étant constitué, il trouvera tous les ans des raisons pour expliquer pourquoi il n'arrive pas à atteindre ses objectifs. Ce qui est exactement d'ailleurs entre nous ce qui s'est passé 10 ans, puisque très peu de pays ont réussi à atteindre les objectifs qui ne s'étaient eux-mêmes fixés il y a 10 ans. Et donc ils ont dit, plutôt que d'avoir ses objectifs à 2030, 2050, font des objectifs tous les ans. plus modeste, moins on en sera. C'est ce qu'on appelle avancer à petits pas. Mais au moins, ça avance. On ne sait pas si en 2050, on aura atteint les objectifs finaux. En tout cas, en faisant tous les ans, on aura davantage de chance plutôt que de reporter d'année en année ces objectifs. Et puis, le second point, c'est de se dire C'est pour ça qu'on l'appelle budget climat. On va adopter exactement le même process que pour le budget financier d'une collectivité. Comme vous le savez, c'est l'acte le plus important finalement d'une assemblée communale et ça implique tous les services, tous les élus et ça implique de venir dans le conseil municipal régulièrement dans l'année, trois fois par exemple pour écrire. pour faire le point, pour se fixer l'oxydif pour l'année prochaine, pour faire un point d'étape et pour tirer un bilan. Et donc du coup, évidemment, ça participe à changer les mentalités, y compris des élus des services, puisque toutes les collectivités ont depuis très longtemps un élu en charge de l'environnement, des changements classiques, avec un département administratif qui lui est dédié. Mais c'est très vertical en fait. Et donc les autres ne sont pas concernés. En ayant ce type de process, on implique vraiment tout le monde. Et ça, ça a vraiment des résultats. Parce qu'en même temps, évidemment, c'est accompagné d'un plan d'action. On dit, ben voilà, cette année, on a pour objectif de porter tant de nouveaux arbres, on a pour objectif de renforcer aussi la communication pour sensibiliser la population. On a lancé par exemple une websérie qui s'appelle Agir pour le climat, ça commence par ici, dans laquelle chaque reportage est un exemple d'action concrète. très concrète même, qui peut contribuer à adapter la ville au changement climatique. Et tout ça, en fait, fait que ça fonctionne mieux qu'ailleurs, puisqu'on réduit plus rapidement que d'autres communes nos émissions de gaz à effet de serre. [00:19:03] Speaker B: Encore une fois, j'aime beaucoup la façon dont vous, dans la communication, vous gardez quand même toujours cet objectif d'accompagner les citoyens dans toutes les actions qui sont menées, être sûr que tout le monde est sensibilisé, au courant, et que les décisions sont prises également avec tous les niveaux d'intervention possibles. Je pense que c'est assez inspirant. [00:19:32] Speaker C: Oui, parce que la communication, vous savez, on critique souvent la communication, parce qu'on dit, tiens, il y en a un qui fait un coup de communication ou c'est que de la com. Enfin, on entend toutes ces critiques qu'on peut avoir sur la communication. Or, la communication, en tout cas pour nous, C'est vraiment un facteur d'accompagnement de la population pour accompagner les changements d'habitude, d'usage, de mentalité, simplement, parce qu'on a besoin d'expliquer, de répéter et d'associer, d'impliquer les gens. Moi, j'étais très surpris. Par exemple, le premier épisode de Scope Series, on a fait un micro tour, on a demandé aux gens, c'est quoi pour vous le CO2? C'est tout bête, mais moi j'ai fait des études étirées, et j'avoue que je sèche à chaque fois qu'on essaye d'expliquer de quoi on parle. Et j'étais super surpris d'entendre le public raconter c'était quoi sa définition, en me disant qu'ils sont bien en phase avec ce qu'on peut avoir en tête, et non seulement ils comprennent ce qu'on veut faire, mais ils sont prêts à s'engager davantage. Et encore une fois, ça marche. Quand une ville dit on va réduire les émissions de gaz à effet de serre, vous imaginez bien que la vérité, enfin la mairie, on reprend très très peu d'émissions nues, puisqu'on n'est qu'une organisation. Ça repose sur les bureaux, sur les logements, sur les transports, sur les déchets. Et donc on a besoin d'appliquer tout le monde, les entreprises comme les habitants, comme les associations, pour que tout le monde aille dans la même direction. Et ça c'est là aussi un des résultats de ce budget climat, c'était de réussir à avoir ce mouvement un peu général à l'échelle de la ville. [00:21:03] Speaker B: Est-ce que dans ce même cadre, est-ce que vous collectez des données pour informer les actions et la prise de décision concernant ce budget climat? Et est-ce que ces données, est-ce que vous avez un exemple d'une occasion où ça aurait pu faire objectivement changer un choix? qui avait été considéré soit pour accélérer, ajuster ou abandonner une initiative ou une option? [00:21:36] Speaker C: Alors, comment je vous dirais ça? Pour moi, il n'y a pas de possibilité d'adapter les villes au changement climatique ou de réduire la crise climatique sans les technologies. Ce que nous permettent les technologies, d'abord, c'est d'espérer qu'il y aura des solutions techniques qui nous permettront d'aller plus vite pour nous adapter, voire pour ralentir le process. Et surtout, les données, c'est ce qui nous permet de comprendre comment ça fonctionne. Quand tous les ans, ça c'est aussi un des sujets du budget climat, en fait d'ailleurs il y a un site web dédié au budget climat d'Issi Moïno où vous verrez il y a des chips par grandes catégories, donc l'habitat, les transports, les bureaux, les déchets. où on explique catégorie par catégorie non seulement l'évolution de ces chiffres, mais aussi on cite des exemples d'actions qui ont été menées sur la ville et qui ont permis d'avoir ces résultats-là. Donc ça, c'est super important, même si... Ça, c'est un peu la frustration qu'on peut avoir. On n'accède pas à toutes les données en temps réel qu'on aimerait avoir. Et quand je dis en temps réel, même à l'année. Il y a certains organismes aujourd'hui qui continuent à publier des données à l'effet de trois ou cinq ans, ce qui, évidemment, ne veut rien dire du tout dans notre schéma. Et donc, on essaye de trouver des des données, on va un peu à la pêche dans les informations, par exemple sur les transports. Il y a beaucoup de données sur les transports publics, sur le parc automobile, etc. qui nous permet davantage de communiquer parce que, je vais vous prendre un exemple, quand vous pouvez faire la démonstration que le nombre de véhicules électriques dans la ville augmente, le parc des particuliers, je parle, Du coup, vous diffusez l'information à tout le monde en disant, tiens, il y a mon voisin qui est en train d'avoir des voitures électriques, donc ça veut dire que ça procrastérera et vous incitez davantage de gens à passer à l'acte. Et en parallèle, nous, en tant que collectivité, on met à disposition, par exemple, des banques d'oranges électriques en Voirie, on a une centaine de points d'accès sur notre ville. envoyer, pour montrer aux gens en disant, allez-y, franchissez le pas, parce que non seulement c'est bon pour tout le monde, mais en plus on vous donne les moyens de recharger sans prendre de difficultés. Et on va même plus loin que cela, et ça fait partie de notre état d'esprit d'innovateur, puisqu'on essaie d'aller à la table d'après, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, par exemple, on est en train d'expérimenter des recharges électriques par induction, c'est-à-dire donc éviter les câbles qui embêtent un petit peu tout le monde lorsqu'il faut se recharger, pour, là encore, montrer, pour essayer de voir comment on peut faciliter l'accès aux véhicules électriques. [00:24:22] Speaker B: Et tout ça partant donc des données collectées sur le fait que le parc [00:24:28] Speaker C: Oui, parce que si je n'avais pas cette information comme quoi le parc automobile électrique grandissait à Issy-Muneau, je ne pourrais pas avoir ce discours auprès des habitants pour dire, allez-y, vous voyez, c'est un mouvement, on est dessus et ça fonctionne. Donc, c'est vraiment important pour comprendre comment les choses fonctionnent. [00:24:45] Speaker B: C'est vrai, c'est vrai. [00:24:48] Speaker C: Et d'ailleurs, c'est aussi un des aspects du budget climat, c'est que maintenant, le réflexe qu'on essaie d'avoir, on n'arrive pas toujours à réussir à 100%, mais qu'on essaie d'avoir, c'est que chaque fois qu'on a un projet, On a essayé de se dire, mais en fait, est-ce qu'on peut mesurer l'impact en termes d'émission que ça va produire? Donc partir d'abord de faire les constats à temps zéro et ensuite voir le résultat que ça pourrait avoir une fois que le projet a été mis en œuvre. [00:25:11] Speaker B: Et ça vous permet donc d'ajuster en fonction aussi les initiatives ou c'est vraiment un objectif que vous fixez pour évaluer la réussite de l'action une fois qu'elle a été terminée? [00:25:24] Speaker C: D'abord, ça rentre dans l'objectif de sensibilisation des services, parce qu'il faut avoir ce réflexe qui n'est pas naturel. Il faut quand même bien le comprendre. Donc, il faut le rappeler à chaque fois. Et puis, oui, ça participe à la démonstration. Enfin, vous savez, il faut être lucide. On ne va pas, à la seule échelle de ces mouillots, régler la crise climatique. on ne va pas non plus, j'imagine, être la seule ville dans la métropole du Grand Paris à être neutre sur le plan climatique. Donc on essaie de faire ça pour montrer l'exemple aux autres. C'est-à-dire, regardez, nous, on fait à notre échelle, ça reste une échelle modeste. Ici, Mouneau, c'est plus de 70 000 habitants, donc on reste modeste, on n'a pas du tout la prétention de dire que c'est la bonne solution, mais on vous fait la démonstration qu'il y a d'autres solutions qui fonctionnent, Donc on arrive à embarquer la population, et donc inspirez-vous aussi de ce qu'on peut faire. Ce que nous-mêmes, d'ailleurs, nous faisons dans le cadre des projets, par exemple, européens, avec Goodwill Européenne, dans le cadre de Majorities of Europe. Nous, on s'inspire beaucoup de ce que les autres collectivités font ou réalisent. [00:26:32] Speaker B: Justement, vous parlez de ces projets européens. Est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus, peut-être un exemple d'un de ces projets? [00:26:41] Speaker C: Alors, on a beaucoup de projets européens, ça fait une trentaine d'années, je pense, qu'on travaille avec ces projets européens. Pour nous, c'est important, ces projets, parce que ce n'est pas tant la recherche technologique ou le sujet qui peut être abordé dans un projet européen, c'est que pour nous, un projet européen, c'est un effet de l'eau. C'est-à-dire que souvent, ce sont des projets qui concernent des sujets en anticipation, à l'innovation par exemple, et qui nous permettent de tester beaucoup de choses. Mais aussi, parce que ça dure en général trois ans un projet européen, d'embarquer là aussi les services municipaux, les élus sur des thématiques là. Et souvent c'est grâce à ces projets européens qu'on est passé à l'étape de... suivante, ce qui est de dire on généralise quelque chose, on s'embarque dans quelque chose. Par exemple, on l'a fait pour l'Open Data. C'est grâce aux Proches Européens qu'on a ouvert nos portails Open Data en 2012. C'est grâce aux Proches Européens qu'on a travaillé sur les questions de Smart Mobility. C'est grâce aux Proches Européens qu'on a adopté une stratégie hydrogène. Donc tout ça, en fait, ce sont des sujets. Et puis, on habitue aussi la population, les services au concept d'expérimentation. Pour moi, c'est vraiment fondamental les expérimentations, parce que vous savez, dans le monde en tout cas des collectivités locales, d'une façon générale, lorsqu'on a une idée, il faut faire un appel d'offre. Et lorsqu'on fait un appel d'offre sur un sujet innovant, par définition, vous ne savez pas ce que vous allez avoir, puisque vous ne savez pas si l'innovation en question existe, et si elle va marcher, et si c'est pertinent. Donc parfois, vous avez des solutions qui sont coûteuses, qui aboutissent à rien ou qui sont des échecs. Donc c'est de l'argent dépensé, c'est du temps perdu. Et je trouve ça vraiment dommage, alors que les expérimentations, elles sont là pour évidemment techniquement des nouvelles solutions, mais elles sont aussi là pour tester l'acceptabilité de la population. On peut aussi avoir une technologie ultra efficace, ultra brillante, mais la population n'adopte pas pour plein de raisons. L'histoire de l'innovation est remplie d'innovations géniales qui n'ont pas été adoptées par les gens. Et c'est qu'une fois qu'on peut constater que cette exploitation a conduit à quelque chose de techniquement fiable et d'économiquement, évidemment, possible, qu'on peut généraliser. C'est ce qu'on a fait, par exemple, lorsqu'on a été la première ville en France à généraliser le paiement de stationnement par téléphone mobile. C'est exactement cette démarche-là, c'est-à-dire qu'on a expérimenté, on a vu que c'était possible, et on a lancé l'appel d'offres pour la gestion du stationnement, où on a demandé au marché de nous proposer des solutions de paiement du stationnement le plus large possible, y compris par téléphone mobile. Et donc c'est comme ça qu'on a fait rentrer les acteurs privés sur ce marché-là. [00:29:23] Speaker B: Et donc c'est dans ce contexte d'expérimentation que vous testez ces solutions. Mais souvent quand même, on parle beaucoup de cette phase de pilote qui en reste à cette phase-là et qui derrière n'arrive pas à être déployée. Est-ce que dans votre expérience, il y a quelque chose qui... qui change la donne et qui permet justement de passer de l'expérimentation au déploiement à large aisselle et qu'on n'en reste pas à une accumulation d'expérimentation qui derrière n'arriverait pas à aboutir. [00:30:00] Speaker C: Evidemment, il y a beaucoup d'explantations qui ne sont pas suivies des faits, parce que soit ça ne fonctionnait pas techniquement, soit que l'eau fluidisée n'était pas adoptée par les gens, soit parce que ça ne semblait pas pertinent. J'ai plein d'exemples. Il y a des choses qui, dans le cadre d'un projet européen, n'ont pas nécessairement abouti. Je vais prendre des exemples concrets. On a été très tôt, au début des années 2000, sur les projets européens sur le vote électronique, sur le vote par Internet. Donc évidemment, un, c'est un sujet dont on n'est pas complètement, parce que pour instituer le vote par Internet, il faudrait que le ministère de l'Intérieur l'institue lui-même. Mais en revanche, ça nous a permis de tester, maintenant les gens appréhendaient ce dispositif-là, de tester évidemment son plan technique. Et évidemment, aujourd'hui, On vote par Internet pour beaucoup d'élections professionnelles. Mais par exemple, ici à Mouneau, on vote par Internet pour les élections des conseils de quartier ou pour les élections des représentants des parents d'élèves à l'école. Pas pour les élections politiques, évidemment, parce que ce n'est pas légalisé. Mais quand même, grâce à cette expérimentation-là, on a quand même généralisé pour les élections politiques le vote électronique avec la machine à voter. Ce qu'on n'aurait pas pu faire si on n'avait pas, là aussi, sensibilisé la population. Ça fait maintenant pratiquement 20 ans Ça fait 19 mois exactement qu'on a généralisé le vote par machine à voter à ICMuno, et donc les gens sont habitués à voter de cette manière-là. Et ça, c'est franchement, là aussi, le produit d'un projet européen qui a été mis en œuvre. Je ne veux pas être à l'ordre de la metadata, je ne veux pas de la smart mobilité, et puis il y a des choses, comment je dirais, qui ne vont pas produire immédiatement un résultat technique pour les porteurs de projets, par exemple, concernés, mais ça crée une habitude d'usage chez nous, qui fait qu'à un moment ou un autre, ça ressort quand même avec une généralisation autour d'un service. Je n'ai pas mémoire de projets européens qui ont vraiment aboutit à rien du tout. Je suis en train de réfléchir en me disant, est-ce qu'au moment où il y a des projets européens qu'on savait à rien, pour faire simple. Je parlais d'hydrogène aujourd'hui. On a des triporteurs à hydrogène pour l'affichage sur les espades, etc. Mais on voit bien qu'hydrogène, c'est encore pas du tout mature. Il y a encore du chemin avant que l'hydrogène soit adopté, mais il paraît que nous, grâce à cette expérimentation sur les triporteleurs, on a fait installer une station de ravitaillement à hydrogène à Issy-les-Mineaux, et donc on anticipe une évolution compressante. Voilà, après, c'est la vie économique qui fait que ça marche ou ne marche pas, mais en tout cas on essaye nous d'être toujours à la pointe de tout ce qu'on peut faire de nouveau et qui peut peut-être changer les choses. Et ça c'est grâce au projet européen, c'est important parce que, j'insiste là-dessus, parce qu'il y a assez peu de collectivités locales françaises notamment, qui participent au projet européen, parce que souvent il y a le prétexte que c'est compliqué, c'est ultra administratif, ce qui est vrai. Mais moi je trouve toujours que, et puis surtout, ça c'est un truc aussi, on ne gagne pas toujours. Le projet européen, gagner c'est 1 sur 10 déposés. Mais nous on a réussi à se positionner comme ville pilote, Ce qui est assez confortable en fait, puisqu'on ne fait que répondre à des projets européens qui sont à la recherche de bacs à sable, qui disent tiens, on va développer tel ou tel sujet, est-ce que ça vous intéresse? Et donc si on dit oui, ben voilà, nous on a juste à tester, ça marche, ça marche pas, mais bon... c'est pas lourd en fait en termes d'organisation. Les derniers projets européens par exemple qu'on a remportés là, c'est un qui concerne, bon c'est très lié aussi à la transition écologique et nuérique, il y en a un qui concerne l'énergie des bâtiments pour voir comment on peut davantage encore améliorer et associer la population dans leur propre conservation. Il y en a un qui concerne le budget climat justement parce qu'on voudrait voir comment on pourrait peut-être identifier d'autres données auxquelles on n'a pas pensé pour alimenter ces statistiques, mais aussi parce qu'on a un programme, ça s'appelle le défi zéro carbone et qui consiste en fait à demander à un groupe d'habitants pendant six mois de suivre des formations pour diminuer leur impact de CO2, diminuer leurs déchets, diminuer l'impact des transports, etc. Donc ça fonctionne plutôt bien, mais on est limité parce que ce sont des ateliers, donc des ateliers physiques. Par définition, on ne peut pas accueillir 1000 personnes, on peut accueillir maxi une centaine. Et donc, on voudrait avoir une plateforme numérique qui permet d'élargir les gens qui pourraient suivre ce programme. Et là encore, c'est Approche Européenne qui nous propose de faire ces solutions-là. Et puis là, ça n'a rien à voir avec le numérique, mais un peu quand même. On est dans un projet qui s'appelle Elaborator qui permet d'expérimenter un dispositif de sécurisation des pistes cyclables par un système lumineux sur la voie qui permet d'alerter les automobilistes en leur disant attention à votre tournée à droite parce qu'il y a une piste cyclable, il y a des cyclistes qui peuvent arriver sur votre point de bord et donc ça vous permettra de faire davantage attention. Voilà, donc on est sur différentes solutions et à chaque fois des solutions qu'on essaie d'utiliser pour faire avancer les choses. [00:35:16] Speaker B: Oui, j'aime beaucoup l'approche, la manière dont vous expliquez qu'on gagne toujours quelque chose de ce genre de projet, même si la technologie n'est pas encore prête, même si le déploiement, même si l'adoption générale par les habitants ou par d'autres villes sera peut-être pour plus tard. on apprend toujours en fait et ça permet aussi de sensibiliser, de tester et de repartir toujours avec quelque chose qu'on a gagné, que ce soit purement informationnel ou aussi en termes d'avancées technologiques en général. Donc c'est assez inspirant, je trouve, cette vision des choses. et j'espère que ça encouragera plus de villes françaises à participer à des projets européens. Vous parliez également de la manière dont, ici, les Molyneux essaient d'identifier les partenaires et les prestataires qui peuvent apporter, dans le cas d'initiatives comme le budget climat ou pour améliorer la qualité de vie en général dans la ville. On a également des entreprises qui nous écoutent dans le podcast. Et à ces entreprises, est-ce que vous pourriez donner peut-être un conseil d'après vous, ce qui fait qu'une collaboration est réellement utile pour une ville comme Issy-les-Mouineaux? Et qu'est-ce qui, au contraire, vous ferait dire que cette entreprise n'est pas prête à apporter sa solution innovante, qui serait par ailleurs innovante et utile pour une ville, mais ça ne fonctionnerait pas pour vous. [00:36:58] Speaker C: Très souvent en fait, moi je dis entreprise, parce qu'on parlait des collectivités locales qui avaient du mal à s'engager dans les projets européens, mais c'est le cas aussi d'entreprises, et notamment de grandes entreprises pour lesquelles on pourrait penser pourtant qu'ils ont des moyens humains pour travailler là-dessus. Et nous on va jusqu'à, alors j'essaye, c'est pas à chaque fois le cas, mais j'essaye dans les projets européens d'essayer de trouver une entreprise locale qui puisse aussi être avec nous, d'abord ça nous permet de de participer. Et puis nous, ça facilite aussi les relations dans ce qu'on fait d'une exploitation. Et on va jusqu'à les accompagner dans la gestion amnistique. On va leur dire, on est là si vous avez peur, parce que c'est ça le truc, ils ont peur de se dire, ça n'a pas de presse, c'est du temps, c'est comment je vais pour remplir mes documents, etc. Et là, nous, on leur dit, si vous voulez, on peut vous accompagner aussi là-dessus, parce que nous, on est habitués, donc on peut parfaitement vous conseiller. Donc c'est un point important. Et le deuxième point que je leur dis souvent, surtout ceux qui innovent, c'est qu'ils ont besoin de tester ça auprès des consommateurs par définition. Parce que je parlais tout à l'heure d'acceptabilité sociale et d'inventions géniales qu'ils ne trouvaient pas leur public. Ça arrive encore trop souvent parce que certaines entreprises imaginent que leur produit ou leur invention est tellement génial que ça va de soi. Or, en général, on se rend compte que ça ne va pas de soi du tout parce qu'il y a plein d'autres critères, des fois pas du tout objectifs. une question de temps, une question de tamise, c'est pas le bon moment, une question d'argent, une question d'usage, et qui fait que moi je les invite toujours à expérimenter avec nous, parce que nous en fait ce qu'on leur offre c'est ça, je parle de bac à sable mais c'est ça en fait, on leur offre non seulement un territoire, un terrain, mais surtout on leur offre une population, c'est-à-dire on leur offre des gens, j'allais dire des gens qui ne sont pas des geeks, qui ne sont pas des ingénieurs, qui ne sont pas des bacs plus 10 nécessairement, qui peuvent donner leur avis sur ce genre d'innovation. Et ça, pour moi, c'est précieux, parce que c'est du temps qu'ils vont gagner, eux, en études de marché, et qui vont permettre d'adapter leurs produits aux attentes des gens. Ça, ça me parait indispensable. Et là, je parle d'organisation, mais on peut parler aussi des... Ça dépend des entités. Même le monde des collectivités locales est un monde un peu complexe. Si l'entreprise ne comprend pas ça ou ne se prépare pas aux discussions avec des collectivités locales, elle va pas beaucoup de temps. Et elle peut se canter rien qu'à cause de ça, en fait. [00:39:19] Speaker B: J'ai encore une avant-dernière question, je dirais, dans cette partie de notre entretien. Qu'est-ce que vous identifiez comme étant le prochain grand défi que, ici, Les Moulineaux a à relever? Et qu'est-ce qu'il faudrait être mis en place? Quels éléments manqueraient encore pour relever ce défi, selon vous? [00:39:44] Speaker C: Alors franchement, c'est pas pour être prétentieux, mais ici Muno aujourd'hui est déjà extrêmement privilégié par sa situation à la fois géographique, par la qualité des transports en commun qu'elle a à disposition de ses habitants, par la gestion municipale, parce que je rappelle quand même qu'on est une des villes les moins endettées de France, avec l'un des taux de fiscalité local les plus faibles de France. avec une diversité et un nombre de services publics à la population supérieur à des communes de notre taille. Et donc franchement, on n'est pas une ville à problème. Et je m'y fie de toute façon de perspective. Moi je suis quand même d'une génération qui était adolescente quand on racontait que Londres ville allait être extraordinairement plus proche de la science-fiction que de ce qu'on vit aujourd'hui. Donc je méfie beaucoup la perspective. En revanche, ce que je sais, c'est qu'on a quand même cet objectif d'adapter la vie aux changements climatiques, qui est quand même l'objectif fondamental qu'on doit avoir en tête et tout faire pour le faire. compliqué. Il ne s'agit pas simplement de le dire et ce n'est pas que nos petits gestes au quotidien de chacun de nous qui va permettre de changer des choses. Il faut que là aussi que la technologie nous aide à accélérer ce curseur là. Il y a quand même l'impact de l'intelligence artificielle. On ne sait pas encore comment On sait qu'elle va bouleverser la manière dont on vit, dont on travaille, dont on consomme, dont on apprend. Ça va être aussi impactant que le web l'a été, mais on ne sait pas encore comment faire. Donc il faut que la collectivité en tant que telle, en tant qu'entité mairie cette fois-ci, elle s'adapte aussi, c'est-à-dire qu'elle avance, qu'elle continue à innover, à prendre en compte tout cela. À faire en sorte que demain, quand on nous dit, alors ça c'est fait partie des perspectives, mais on nous dit qu'on aura peut-être plus de smartphones, ça sera peut-être autre chose qui servira d'autre type de communication, on aura peut-être plus de robots, on aura peut-être plus, je ne sais pas tout ce qu'on peut avoir, ce qu'il faut c'est de ne jamais s'arrêter d'innover parce qu'une ville qui s'arrête, c'est une ville qui périclite et que c'est vraiment essentiel d'avoir ça en tête. [00:41:57] Speaker B: une note à toutes les collectivités qui nous écoutent de garder ça en tête. Pour terminer cette partie principale de l'épisode, est-ce qu'il y a un sujet que nous n'avons pas eu l'occasion d'aborder et que vous souhaiteriez partager avec nos auditeurs? [00:42:16] Speaker C: Il y a peut-être un sujet qui concerne plus largement le rôle de la collectivité, c'est celui de la sensibilisation de la population dès le plus jeune âge à tous les enjeux de cette société numérique à laquelle on va de plus en plus s'intégrer. Parce qu'il y a plusieurs choses. Il y a à la fois les questions liées à la protection des données personnelles. Vous savez qu'aujourd'hui, on estime que quasiment toute la population française a déjà vu son adresse e-mail hackée par un système ou je ne sais quoi. Donc il faut toujours être très vigilant, toujours faire très attention et toujours être très, enfin prof, là encore d'esprit critique du recul lorsqu'on reçoit un e-mail par exemple, lorsqu'on nous demande des choses par internet qui ne nous paraissent pas habituelles et naturelles. Ça c'est un enjeu, la cybersécurité c'est vraiment un enjeu fort parce que Du coup, dans cette société numérique, ça veut dire aussi qu'on est extrêmement dépendant du numérique et des collectivités. Et que si demain tout tombait, il faut juste qu'on sache quand même qu'on est capable de faire des choses sans numérique. Il faut vraiment que la profession soit sensibilisée. Et vraiment, quand je dis dès le plus jeune âge, c'est-à-dire vraiment dès l'école. Il faut apprendre aux enfants ce qu'est la science artificielle, comment c'est fait, comment on s'en préserve et comment on peut l'utiliser intelligemment pour réussir. Ça, pour moi, c'est pratiquement, c'est peut-être le plus gros, l'enjeu le plus important qu'on puisse imaginer pour les années qui viennent. [00:43:46] Speaker B: L'éducation, c'est toujours la base de tout. [00:43:49] Speaker C: Oui, c'est la base. Exactement, c'est la base. Oui, mais vous savez, moi, je pense, je ne suis pas à faire plaisir, mais je pense que l'éducation nationale a à sacrifier une génération entière sur le web. Parce qu'en fait, pendant des années, des années, elle a été réticente à l'arrivée du web. Et du coup, les enfants ont été davantage efficaces que leurs profs. Mais du coup, on ne leur a pas appris à faire preuve de recul, à vérifier l'information, à se poser des questions, à avoir l'esprit critique. Alors c'est ça qu'il fallait leur apprendre et moi je pense qu'il y a toute une génération qu'on a un peu gâché à cause de cela et je ne voudrais pas que ça recommence avec l'intelligence artificielle. [00:44:33] Speaker B: Je suis complètement d'accord avec vous. On disait tout à l'heure que l'intelligence artificielle reste quand même un outil, mais c'est un outil qu'il faut apprendre à utiliser et ce n'est pas uni, c'est quelque chose qu'il faut définitivement inculquer aux jeunes générations et aux futures générations. Et je trouve que c'est une très belle note sur laquelle clôturer les principales questions de notre échange. Mais avant de vous laisser partir, j'ai encore une ou deux questions. Et notamment, je voudrais passer à une partie de notre podcast qui est une petite activité qui change d'un épisode à un autre. Et l'activité que j'ai choisie pour vous aujourd'hui s'appelle Inspire Us. Inspirez-nous. [00:45:21] Speaker A: Inspirez-nous un peu avec une histoire, un quote ou autre chose qui vous a inspiré récemment. [00:45:33] Speaker C: Là, vous me prenez un peu de cours. Moi, ce qu'on t'améliore de toute façon, la phrase que j'aime bien répéter régulièrement, c'est toujours celle de, je ne sais plus qui est l'auteur, mais en tout cas, c'est une phrase qui est bien connue, qui est de dire, ils ne savaient pas que c'était impossible, c'est pour ça qu'ils l'ont fait. Parce que c'est vraiment comme ça que moi, je perçois l'innovation, de ne pas se mettre aux limites, de ne pas avoir peur. Et vous savez, ça fait, comme je vous l'ai dit, 35 ans que je travaille ici. J'ai donc accompagné à la fois le développement du web et celui de l'artificial intelligence. Et finalement, c'est exactement la même question qu'on me pose aujourd'hui, qu'on me le posait il y a trente ans, avec la moyenne, sur la peur de l'emploi, sur la peur du décalage de certains catégories de la population, ce qu'on appelle la raciomérite. Enfin, c'est exactement les mêmes schémas, c'est-à-dire que Et c'est naturel, je pense, que spontanément, on regarde d'abord ce qui fait peur avant de penser au positif ou à penser que tout va aller mieux et que vraiment le progrès c'est quelque chose d'important. Et en même temps, toute notre histoire montre quand même que le progrès c'est ce qui a facilité la vie de milliards de personnes. C'est vraiment ça qui doit nous motiver en permanence, et c'est ce que j'ai moi toujours en tête, et ça je dis toujours à mes collègues qui s'inquiètent parfois dans nos hôpitaux, qui me posent des questions sur l'intelligence artificielle ou l'innovation, c'est toujours d'avoir ça en tête, c'est qu'on reste maître de ce qu'on peut faire quand on comprend comment ça fonctionne, quand on sait que c'est bien et pas bien, c'est pas noir et blanc. [00:47:10] Speaker B: Jamais. C'est toujours beaucoup plus complexe que ça. Et on en revient toujours à la sensibilisation, à l'utilisation et au fait de maîtriser ce genre de sujet. [00:47:24] Speaker C: Il y a l'usage surtout. C'est toujours se dire pourquoi et à quoi ça sert. C'est toujours les deux questions que me posent quand on me propose une innovation expérimentée. C'est toujours autour de ça qu'il faut réfléchir. Sans jamais penser, je m'interdis, même si évidemment, comme tout être humain, je le pense, mais sans jamais penser au ça ne marchera jamais. [00:47:46] Speaker B: Il faut toujours faire le pari. [00:47:50] Speaker C: C'est ça, c'est ça. [00:47:52] Speaker B: Le pari de l'innovation. J'ai une dernière question pour vous, qui est une question que nous demandons à tous nos invités dans notre podcast. Pour vous, qu'est-ce que ça veut dire une smart city, une ville intelligente? [00:48:08] Speaker C: Alors d'abord, une ville n'est pas intelligente. Ce sont ses habitants qui sont intelligents. Et puis, heureusement, parce que la ville existe depuis suffisamment de centaines d'années pour démontrer qu'elle est capable de se développer sans avoir besoin de lui donner des outils dits intelligents. Non, en revanche, la smart city, c'est vraiment la capacité pour une ville d'être plus efficace grâce à cette technologie-là, d'optimement améliorer la connaissance de son territoire. grâce aux données, par exemple. Mais c'est aussi, la Smart City, c'est vraiment l'alliance finalement entre l'innovation numérique et l'adaptation climatique. C'est vraiment les deux transitions qui se rencontrent, la transition numérique et la transition climatique. C'est ce qui produit une Smart City, de mon point de vue. [00:48:53] Speaker B: réponse qui est tout à fait dans le thème de l'épisode. Donc, je pense que c'est un très bon résumé de tout ce dont nous avons discuté en plus. Donc, merci de nous amener à cette conclusion naturelle avec votre réponse. Et en effet, sur ce, nous arrivons à la fin de cet épisode. Donc, merci beaucoup de nous avoir accordé de votre temps et d'avoir partagé votre expérience et les projets de la ville d'Issy-les-Moulineaux avec nous. [00:49:19] Speaker C: Merci à vous de m'avoir invité et d'avoir écouté. [00:49:22] Speaker B: Avec grand plaisir. Et à tous nos auditeurs, n'oubliez pas que vous pouvez toujours créer un compte gratuit sur bubble-smartcities.eu pour en savoir plus sur les projets, les solutions et les mises en œuvre des villes innovantes et durables partout en Europe et dans le monde. Merci à tous. [00:49:42] Speaker A: Merci à tous d'avoir écouté. Je vous verrai à la prochaine fois sur la voyage vers une vie urbaine meilleure.

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